Guide pratique

Prescription en dommage corporel : combien de temps pour agir ?

La prescription fixe le délai dans lequel une victime peut agir pour demander l’indemnisation de son dommage corporel.

La prescription est une notion importante après un accident corporel.

Elle désigne le délai dans lequel une victime peut agir pour demander l’indemnisation de son dommage.

Il ne faut pas la confondre avec le délai d’indemnisation.

Le délai d’indemnisation correspond au temps nécessaire pour obtenir une offre, une provision ou une indemnisation définitive.

La prescription, elle, répond à une autre question : jusqu’à quand la victime peut-elle agir pour faire valoir ses droits ?

Cette question est importante, car plusieurs délais peuvent exister selon la situation : accident de la route, aggravation, responsable non assuré, responsable non identifié, infraction, accident médical ou recours contre un organisme particulier.

Cette fiche explique les principaux points à vérifier, sans remplacer l’analyse personnalisée d’un dossier.

Qu’est-ce que la prescription ?

La prescription fixe le délai dans lequel une personne peut agir pour faire reconnaître un droit.

En dommage corporel, elle peut concerner l’action engagée par la victime directe, mais aussi par une victime indirecte, par exemple un proche.

Le Code civil prévoit que l’action en responsabilité née d’un événement ayant entraîné un dommage corporel se prescrit par dix ans à compter de la consolidation du dommage initial ou aggravé. Cette règle figure à l’article 2226 du Code civil.

La consolidation est donc une notion centrale.

Elle correspond au moment où l’état de santé est considéré comme stabilisé.

Cela ne signifie pas nécessairement que la victime est guérie.

Des douleurs, limitations ou séquelles peuvent persister après la consolidation.

Pourquoi la consolidation est-elle importante ?

La consolidation est souvent le point de départ du délai de prescription en dommage corporel.

Cela signifie que le délai ne se calcule pas toujours à partir du jour de l’accident.

Dans beaucoup de dossiers, il faut attendre que l’état de santé soit stabilisé pour évaluer les conséquences définitives de l’accident.

La consolidation permet notamment d’examiner :

C’est aussi une étape importante pour l’expertise médicale.

Le point de départ du délai doit donc être vérifié avec attention.

Une erreur sur la date de consolidation peut avoir des conséquences importantes dans un dossier.

Quelle différence entre prescription et délai d’indemnisation ?

La prescription ne doit pas être confondue avec le délai d’indemnisation.

Le délai d’indemnisation correspond au temps nécessaire pour obtenir une proposition ou un paiement.

La prescription correspond au délai pour agir.

Par exemple, une victime peut se demander :

  • combien de temps l’assurance va mettre à répondre ;
  • quand une offre définitive sera faite ;
  • quand une provision peut être demandée ;
  • à quel moment l’expertise médicale aura lieu ;
  • jusqu’à quand il est possible d’agir si le dossier n’avance pas.

Ces questions sont différentes.

La fiche sur le délai d’indemnisation après accident corporel peut traiter le temps nécessaire pour obtenir une indemnisation.

La présente fiche traite plutôt du délai pour préserver ses droits.

Le délai est-il toujours de dix ans ?

Non, il faut être prudent.

L’article 2226 du Code civil pose une règle importante en matière de dommage corporel, avec un délai de dix ans à compter de la consolidation. Mais certains dossiers peuvent relever de délais particuliers ou de procédures spécifiques.

Il faut notamment distinguer :

  • l’action en responsabilité liée au dommage corporel ;
  • les délais propres à certains organismes ;
  • les délais applicables au Fonds de garantie ;
  • les délais applicables à la CIVI ;
  • les délais liés à certains contrats d’assurance ;
  • les délais de recours contre une décision ;
  • les délais spécifiques à une procédure déjà engagée.

Il ne faut donc pas appliquer mécaniquement une règle unique à tous les dossiers.

Chaque situation doit être vérifiée.

Accident de la route : quels délais vérifier ?

Après un accident de la route, plusieurs délais peuvent se croiser.

Il peut y avoir :

  • le délai pour déclarer l’accident ;
  • les délais de l’assureur ;
  • le délai pour agir en réparation ;
  • les délais liés à une offre d’indemnisation ;
  • les délais éventuels en cas de responsable non assuré ou non identifié.

L’indemnisation des victimes de dommages corporels après un accident de la route dépend notamment de la qualité de la victime, de sa responsabilité, des garanties souscrites et des circonstances de l’accident.

Lorsque l’assurance tarde, lorsqu’une offre semble insuffisante ou lorsque la responsabilité est discutée, il faut vérifier les délais sans attendre.

Responsable non assuré ou non identifié : attention aux délais

Lorsque le responsable de l’accident n’est pas assuré ou n’a pas été identifié, le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages, ou FGAO, peut parfois intervenir.

Mais les délais sont spécifiques.

Lorsque le responsable de l’accident est identifié, la victime a en principe un délai d’un an maximum pour déposer son dossier auprès du FGAO ; lorsque le responsable n’est pas identifié, le délai indiqué est de trois ans après l’accident.

Le FGAO intervient en l’absence totale ou partielle d’indemnisation par un responsable identifié ou par un assureur, et qu’il ne remplace pas les assurances obligatoires existantes.

Ces délais ne doivent pas être confondus avec la prescription générale du dommage corporel.

Agression ou infraction : quels délais vérifier ?

Lorsqu’une victime a subi une agression ou une infraction, la question des délais peut être différente.

La victime peut parfois saisir la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions, ou CIVI, afin de demander une indemnisation auprès du Fonds de garantie des victimes, ou FGTI.

L’article 706-5 du Code de procédure pénale prévoit que la demande d’indemnité doit être présentée dans un délai de trois ans à compter de la date de l’infraction. Lorsque des poursuites pénales sont exercées, ce délai peut être prorogé et n’expirer qu’un an après la décision définitive de la juridiction.

La victime d’une infraction peut demander une indemnisation au FGTI via la CIVI, sous conditions.

Ces règles sont techniques.

Il est donc important de conserver les dates, les plaintes, les convocations et les décisions reçues.

Aggravation après indemnisation : un nouveau délai peut-il courir ?

Une aggravation peut survenir après une première indemnisation.

Il peut s’agir, par exemple :

  • d’une dégradation médicale ;
  • d’une nouvelle opération ;
  • d’une aggravation des douleurs ;
  • d’une perte d’autonomie ;
  • d’une modification de la situation professionnelle ;
  • d’un besoin d’aide plus important ;
  • de frais futurs non prévisibles au moment de la première indemnisation.

L’article 2226 du Code civil vise expressément le dommage initial ou aggravé, avec un délai de dix ans à compter de la consolidation du dommage initial ou aggravé.

Cela ne signifie pas que toute difficulté nouvelle permet automatiquement de rouvrir un dossier.

Il faut démontrer une aggravation réelle, médicalement documentée, en lien avec l’accident initial.

Transaction avec l’assurance : pourquoi rester vigilant ?

Après un accident corporel, une victime peut recevoir une offre de transaction.

Signer une transaction peut avoir des conséquences importantes.

Il faut donc vérifier :

  • si la consolidation est acquise ;
  • si tous les postes de préjudice ont été examinés ;
  • si les frais futurs sont pris en compte ;
  • si les pertes de revenus sont correctement évaluées ;
  • si l’aide humaine a été discutée ;
  • si l’incidence professionnelle est analysée ;
  • si la victime comprend la portée de son acceptation.

Les concurrents traitent ce sujet parce qu’il répond à une inquiétude réelle des victimes : croire que le dossier est terminé alors que certains postes n’ont pas été correctement évalués. RSL Avocat présente par exemple la prescription, les délais d’offre, les délais FGAO et la transaction comme des délais distincts à ne pas confondre.

Quels documents conserver pour vérifier les délais ?

Pour vérifier les délais, il faut conserver tous les documents datés.

Il est utile de réunir :

  • le certificat médical initial ;
  • les comptes rendus médicaux ;
  • les arrêts de travail ;
  • les comptes rendus d’expertise ;
  • la date de consolidation retenue ;
  • les échanges avec l’assurance ;
  • les offres d’indemnisation ;
  • les courriers de refus ;
  • les transactions proposées ;
  • les décisions judiciaires ;
  • les documents FGAO ou FGTI ;
  • les plaintes et procès-verbaux ;
  • les convocations ;
  • les décisions de la CPAM ou d’un organisme concerné ;
  • les justificatifs de frais ;
  • les justificatifs de pertes de revenus.

Un dossier incomplet rend l’analyse des délais plus difficile.

Il est donc utile de classer les documents dans l’ordre chronologique.

Que faire si l’on craint d’être hors délai ?

Si la victime craint d’être hors délai, il ne faut pas conclure trop vite que tout recours est impossible.

Il faut d’abord vérifier :

  • la nature de l’accident ;
  • la date de l’accident ;
  • la date de consolidation ;
  • l’existence d’une aggravation ;
  • les démarches déjà accomplies ;
  • les courriers envoyés ou reçus ;
  • les organismes saisis ;
  • l’existence d’une procédure judiciaire ;
  • la situation de la victime ;
  • les règles particulières applicables.

Certains délais peuvent être interrompus, suspendus ou prorogés selon les circonstances.

Mais il faut éviter d’attendre.

La prudence consiste à reprendre rapidement le dossier avec les pièces disponibles.

Pourquoi être accompagné ?

La prescription est une question technique.

Elle peut avoir des conséquences très importantes, car elle touche à la possibilité même d’agir.

L’accompagnement par un avocat peut permettre de :

  • identifier le délai applicable ;
  • vérifier la date de consolidation ;
  • distinguer prescription, délai d’offre et délai d’organisme ;
  • vérifier les démarches déjà accomplies ;
  • analyser une offre ou une transaction ;
  • examiner une aggravation ;
  • vérifier les recours possibles ;
  • éviter une erreur sur le point de départ du délai.

L’objectif est de sécuriser le dossier avant qu’un délai ne devienne un obstacle.

Présenter votre situation au cabinet

Vous vous demandez si vous êtes encore dans les délais pour agir ?

Vous avez reçu une offre ancienne, une transaction, un refus, ou vous craignez que votre dossier soit prescrit ?

Vous avez subi une aggravation après une première indemnisation ?

Le cabinet peut vous aider à faire le point sur les dates importantes, les pièces disponibles et les démarches envisageables.

Vous pouvez préparer un premier échange avec le cabinet ou consulter la page Contact.

Ressources utiles

Pour compléter votre information, vous pouvez consulter les ressources officielles relatives à la prescription du dommage corporel, aux accidents de la route, au Fonds de garantie et aux victimes d’infractions.

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