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Incidence professionnelle après accident : que recouvre ce poste ?

L’incidence professionnelle correspond aux conséquences durables d’un accident sur la carrière, la pénibilité du travail ou l’avenir professionnel.

L’incidence professionnelle est un poste de préjudice qui peut être discuté après un accident corporel lorsque les séquelles ont des conséquences durables sur la vie professionnelle de la victime.

Ce poste ne se limite pas à une perte de salaire.

Une personne peut reprendre son travail, mais dans des conditions plus difficiles : fatigue accrue, douleurs, impossibilité d’effectuer certains gestes, ralentissement de carrière, nécessité de changer de poste ou perte de chance d’évolution.

L’incidence professionnelle permet donc d’analyser les conséquences de l’accident sur l’avenir professionnel de la victime, au-delà de la seule perte immédiate de revenus.

Cette fiche explique ce que recouvre l’incidence professionnelle, comment elle peut être évaluée et quels éléments peuvent aider à la démontrer.

Qu’est-ce que l’incidence professionnelle ?

L’incidence professionnelle correspond aux conséquences durables d’un accident sur la vie professionnelle de la victime.

Elle concerne la période après consolidation.

La consolidation est le moment où l’état de santé est considéré comme stabilisé. Cela ne signifie pas nécessairement que la victime est guérie. Des douleurs, limitations ou séquelles peuvent persister.

Lorsque ces séquelles ont un impact sur le travail, l’incidence professionnelle peut être discutée.

Elle peut notamment concerner :

  • une pénibilité accrue au travail ;
  • une fatigabilité importante ;
  • une difficulté à accomplir certaines tâches ;
  • une impossibilité de reprendre le même poste ;
  • une dévalorisation sur le marché du travail ;
  • une perte de chance d’évolution professionnelle ;
  • une reconversion imposée ;
  • une perte d’intérêt ou de perspectives dans la carrière ;
  • une fragilisation durable de la situation professionnelle.

Ce poste s’inscrit dans la nomenclature Dintilhac, qui permet de classer les différents postes de préjudice après un accident corporel.

Quelle différence avec une perte de revenus ?

L’incidence professionnelle ne doit pas être confondue avec la perte de revenus.

Les pertes de revenus visent une perte financière directe.

Par exemple :

  • une perte de salaire pendant un arrêt de travail ;
  • une baisse de revenus après l’accident ;
  • une impossibilité de reprendre une activité rémunérée ;
  • une perte de chiffre d’affaires pour un indépendant.

L’incidence professionnelle vise autre chose.

Elle peut exister même si la victime reprend son travail et même si ses revenus ne baissent pas immédiatement.

Par exemple, une victime peut reprendre son poste, mais :

  • avec plus de douleurs ;
  • avec une fatigue importante ;
  • avec des tâches devenues plus difficiles ;
  • avec une impossibilité d’évoluer comme avant ;
  • avec une obligation de renoncer à certaines missions ;
  • avec une perte de chance de promotion ;
  • avec une fragilité accrue sur le marché du travail.

Il faut donc distinguer la perte économique directe et les conséquences plus larges sur la carrière.

Les deux peuvent parfois être discutées dans un même dossier, mais elles ne recouvrent pas exactement la même chose.

Dans quelles situations ce poste peut-il être discuté ?

L’incidence professionnelle peut être discutée lorsque l’accident modifie durablement les conditions de travail ou l’avenir professionnel.

Cela peut concerner des situations très différentes.

Par exemple :

  • un salarié qui reprend son poste avec des douleurs ;
  • un artisan qui ne peut plus effectuer certains gestes ;
  • un commerçant qui réduit son activité ;
  • un indépendant qui perd une partie de sa capacité de travail ;
  • une personne qui doit changer de métier ;
  • un jeune adulte qui voit son projet professionnel perturbé ;
  • une personne qui perd une chance d’évolution ou de promotion ;
  • une victime qui devient moins compétitive sur le marché du travail.

Ce poste n’est donc pas réservé aux personnes qui ne travaillent plus du tout.

Il peut aussi concerner une reprise professionnelle dégradée.

L’analyse dépend toujours de la situation concrète de la victime.

Comment l’incidence professionnelle est-elle évaluée ?

L’incidence professionnelle est généralement discutée à partir du dossier médical, du parcours professionnel et de l’expertise médicale.

L’expert peut examiner les séquelles et leurs conséquences sur l’activité professionnelle.

Il peut notamment tenir compte :

  • des douleurs persistantes ;
  • des limitations physiques ;
  • de la fatigabilité ;
  • des gestes devenus difficiles ;
  • des restrictions professionnelles ;
  • de l’impossibilité d’exercer certaines tâches ;
  • de la nécessité d’un aménagement de poste ;
  • d’une reconversion ou d’un changement d’activité ;
  • de l’impact sur les perspectives professionnelles.

L’évaluation ne dépend pas seulement d’un taux médical.

Elle suppose aussi de comprendre le métier de la victime, ses contraintes, son parcours, ses perspectives et les effets concrets des séquelles.

C’est pourquoi il est important de préparer les éléments professionnels du dossier.

Quels métiers sont concernés ?

Tous les métiers peuvent être concernés, mais l’incidence professionnelle est souvent plus visible lorsque le travail impose des contraintes physiques ou une disponibilité importante.

Cela peut concerner, par exemple :

  • les métiers manuels ;
  • les professions de santé ;
  • les artisans ;
  • les commerçants ;
  • les chauffeurs ;
  • les livreurs ;
  • les ouvriers ;
  • les professions nécessitant des déplacements ;
  • les métiers debout ;
  • les métiers avec port de charges ;
  • les professions libérales ;
  • les indépendants ;
  • les cadres soumis à une forte charge de travail.

Mais il ne faut pas limiter ce poste aux métiers physiques.

Une victime peut aussi subir des conséquences professionnelles en cas de troubles cognitifs, de fatigue, de douleurs chroniques, d’anxiété, de troubles de concentration ou de retentissement psychologique.

L’incidence professionnelle doit donc être examinée selon les contraintes réelles du poste.

Quels documents peuvent être utiles ?

Pour démontrer l’incidence professionnelle, il faut réunir des éléments médicaux et professionnels.

Les documents utiles peuvent notamment être :

  • le certificat médical initial ;
  • les comptes rendus médicaux ;
  • les arrêts de travail ;
  • les certificats de prolongation ;
  • les comptes rendus de rééducation ;
  • le rapport d’expertise médicale ;
  • les avis du médecin du travail ;
  • les restrictions ou préconisations professionnelles ;
  • les échanges avec l’employeur ;
  • les fiches de poste ;
  • les bulletins de salaire ;
  • les justificatifs de changement de poste ;
  • les éléments relatifs à une reconversion ;
  • les documents comptables pour un indépendant ;
  • les justificatifs de perte d’activité ou de clientèle.

Il peut aussi être utile de préparer une note simple décrivant les difficultés rencontrées dans le travail.

Par exemple :

  • gestes impossibles ou douloureux ;
  • baisse de rendement ;
  • fatigue en fin de journée ;
  • impossibilité de travailler debout longtemps ;
  • difficulté à conduire ;
  • impossibilité de porter des charges ;
  • renoncement à certaines missions ;
  • difficulté à reprendre le même rythme ;
  • nécessité d’aide ou d’aménagement.

Ces éléments permettent de relier les séquelles médicales à la réalité professionnelle.

Quelle place dans le rapport d’expertise ?

Le rapport d’expertise médicale peut évoquer l’incidence professionnelle.

Il faut vérifier attentivement ce qu’il retient.

Les points à regarder sont notamment :

  • la profession exercée avant l’accident ;
  • la date de reprise ou de non-reprise du travail ;
  • les arrêts de travail ;
  • les séquelles retenues ;
  • les restrictions fonctionnelles ;
  • la fatigabilité ;
  • la pénibilité accrue ;
  • les possibilités d’aménagement ;
  • l’impact sur l’avenir professionnel ;
  • l’existence d’une reconversion ou d’un changement de poste.

Il peut arriver que le rapport mentionne les séquelles, mais développe insuffisamment leurs conséquences professionnelles.

Dans ce cas, il peut être utile de reprendre le dossier, notamment si la victime constate une différence importante entre sa situation réelle et ce qui est écrit dans le rapport.

La fiche sur le déficit fonctionnel permanent peut aider à comprendre les séquelles après consolidation, mais l’incidence professionnelle doit être analysée séparément lorsqu’elle existe.

Que vérifier dans une offre d’indemnisation ?

Lorsqu’une offre d’indemnisation est transmise par l’assurance, l’incidence professionnelle peut apparaître dans un poste distinct.

Il faut vérifier si l’offre tient compte :

  • de la profession de la victime ;
  • des séquelles retenues ;
  • des difficultés concrètes dans le travail ;
  • de la pénibilité accrue ;
  • de la nécessité d’un changement de poste ;
  • d’une perte de chance professionnelle ;
  • d’une reconversion ;
  • de l’impact durable sur l’avenir professionnel.

Il ne faut pas regarder uniquement le montant total de l’offre.

Une offre peut indemniser certaines pertes de revenus, mais ne pas traiter correctement l’incidence professionnelle.

À l’inverse, une offre peut mentionner l’incidence professionnelle, mais avec un montant qui ne semble pas cohérent avec la réalité du dossier.

La lecture poste par poste permet de vérifier si les préjudices indemnisables ont été correctement examinés.

Quelle différence avec l’aide humaine ?

L’incidence professionnelle ne se confond pas avec l’aide humaine.

L’aide humaine concerne l’aide nécessaire dans la vie quotidienne : toilette, habillage, courses, repas, déplacements, ménage, accompagnement aux soins ou organisation du quotidien.

L’incidence professionnelle concerne les conséquences sur le travail et la carrière.

Une même victime peut donc être concernée par les deux postes.

Par exemple, une personne peut avoir besoin d’aide à domicile pendant la période de soins, puis reprendre son travail avec une pénibilité accrue ou une perte de chance d’évolution.

Chaque poste doit être analysé selon sa logique propre.

Quelle différence avec le préjudice d’agrément ?

L’incidence professionnelle concerne le travail.

Le préjudice d’agrément concerne la perte ou la limitation d’une activité spécifique de loisir ou de plaisir pratiquée avant l’accident.

Par exemple :

  • sport ;
  • activité artistique ;
  • activité associative ;
  • loisir régulier ;
  • pratique personnelle importante.

Une victime peut donc avoir une incidence professionnelle et un préjudice d’agrément.

Par exemple, elle peut avoir des difficultés dans son travail et ne plus pouvoir pratiquer son activité sportive habituelle.

Il ne faut pas mélanger les deux postes.

La nomenclature Dintilhac permet précisément de distinguer les différentes conséquences de l’accident.

Pourquoi ce poste peut-il être sous-estimé ?

L’incidence professionnelle peut être sous-estimée lorsque la victime reprend son travail.

L’assurance peut parfois considérer qu’il n’existe pas de difficulté particulière dès lors que la personne a repris une activité.

Pourtant, la reprise ne signifie pas toujours que les conséquences professionnelles ont disparu.

Une victime peut reprendre son poste :

  • en travaillant avec des douleurs ;
  • en renonçant à certaines tâches ;
  • en réduisant ses ambitions professionnelles ;
  • en perdant une chance d’évolution ;
  • en étant plus fatigable ;
  • en étant plus exposée à une fragilité professionnelle ;
  • en devant changer d’organisation.

Le poste peut aussi être sous-estimé lorsque les justificatifs professionnels ne sont pas suffisamment précis.

Il est donc important de documenter la situation.

Comment préparer ce point avant l’expertise ?

Avant une expertise médicale, il est utile de préparer la question professionnelle.

La victime peut noter :

  • le métier exercé avant l’accident ;
  • les contraintes physiques ou psychologiques du poste ;
  • les tâches devenues difficiles ;
  • les périodes d’arrêt de travail ;
  • les conditions de reprise ;
  • les aménagements éventuels ;
  • les échanges avec l’employeur ;
  • l’avis du médecin du travail ;
  • les projets professionnels interrompus ;
  • les conséquences sur l’évolution de carrière ;
  • les difficultés persistantes après consolidation.

Il est également utile de réunir les documents professionnels disponibles.

La fiche sur la manière de préparer une expertise médicale peut aider à organiser les pièces et les points à évoquer.

Pourquoi être accompagné ?

L’incidence professionnelle est un poste souvent complexe.

Elle suppose de faire le lien entre les séquelles médicales, le métier exercé, les conditions de travail et l’avenir professionnel de la victime.

L’accompagnement par un avocat peut permettre de :

  • relire le rapport d’expertise ;
  • vérifier si l’incidence professionnelle est mentionnée ;
  • identifier les pièces professionnelles utiles ;
  • distinguer perte de revenus et incidence professionnelle ;
  • analyser l’offre de l’assurance ;
  • vérifier si certains postes ont été oubliés ;
  • préparer les observations nécessaires ;
  • replacer ce poste dans l’ensemble du dossier.

L’objectif est de vérifier que les conséquences professionnelles réelles de l’accident ne sont pas réduites à la seule question du salaire.

Présenter votre situation au cabinet

Vous avez repris le travail avec des douleurs ou une fatigue importante ?

Vous avez dû changer de poste, réduire votre activité ou renoncer à certaines perspectives professionnelles ?

Vous avez reçu un rapport d’expertise ou une offre d’indemnisation qui ne tient pas compte de vos difficultés professionnelles ?

Le cabinet peut vous aider à faire le point sur votre dossier, les pièces utiles et les postes de préjudice à vérifier.

Vous pouvez préparer un premier échange avec le cabinet ou consulter la page Contact.

Ressources utiles

Pour compléter votre information, vous pouvez consulter les ressources officielles relatives à la nomenclature Dintilhac et à l’indemnisation du dommage corporel.

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